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Dick Hérisson a 20 ans maintenant !

 

Interviews

 

Il yavait Spiderman, il y a maintenant L'Araignée pourpre… Le personnage de Dick Hérisson vient en effet de vivre sa 11e aventure sous ce titre dont l'histoire se déroulera en deux volumes. Et vous savez quoi ? Dick Hérisson vient de fêter ses 20 ans : joyeux anniversaire !
Votre personnage vient d'avoir 20 ans : plutôt jeune, finalement ! Les héros n’ont pas d’âge et c’est profondément injuste, ceux qui les ont créés ne bénéficient pas du même privilège. Si on parlait d'autre chose ?!
En revoyant vos albums, on se rend compte à quel point votre style a évolué, passant d'une quasi ligne claire à un dessin beaucoup plus chargé et réaliste. Comment expliquez-vous cette évolution ? Oui c'est curieux, en effet. D'ailleurs, quand je me vois dans la glace, je me fais la même réflexion... Si on parlait d'autre chose ?
Si vous voulez. Polar fantastique sont les deux qualificatifs qui décrivent le mieux la série. Mais vous semblez prendre un vrai plaisir à jouer avec un certain régionalisme pittoresque, assez cocasse, qu'il soit provençal ou breton... Je constate que vous cherchez à m' énerver ? Mais j'aime ça (rire grinçant et cynique)... Donc vous avez dit «qrégionalisme-pittoresque assez cocasse» ?... Comme c'est cocasse. Voici précisément tout ce que je déteste (sans pour autant ne rien avoir contre les Provençaux ou les Bretons...).
Passons sur le régionalisme… et parlons d’autre chose. Justement, fait inhabituel, vous débutez l'histoire ailleurs que sur le vieux continent, en Afrique du nord... C'est une première ! Je vous ferai remarquer, jeune homme, qu' en 1933/34 (époque où se situe cette histoire), la Casbah d'Alger était un territoire français. Alors on dira que l’histoire débute dans un coin de France !
Dans l'Araignée pourpre on découvre une scène «d’époque» très inquiétante, celle où défilent les Croix de feu. Etait-ce volontaire de votre part ? Pas du tout ! J'avais laissé comme chaque soir mon travail en cours sur ma table à dessin, et ceci à dessein, pour retrouver tout en place le lendemain. Or, le jour suivant, quel ne fut pas mon étonnement en découvrant ma planche, la veille à peine esquissée, couverte de graffitis d'extrême-droite ! Une lettre de menace était de plus posée en évidence sur mon bureau, m'enjoignant de mettre en scène «de vrais Héros de la France éternelle» dans mes histoires. Pour finir, l'empreinte encore chaude d'une gigantesque croix incandescente s'étalait sur toute la largeur de la porte du bureau. Bon, je parie que l'on ne va encore pas me croire, mais en fait c'est souvent ainsi, on dit «mais où va-t-il chercher tout ça ?» alors qu'à l'origine, il y a une explication très simple...
Si vous pouviez me rendre les restes de la croix, à l’occasion. Vous prévoyez une seconde partie à cette histoire : cela était prévu dès le départ ? Pas du tout... De même, tenez, il y aura peut-être bien une troisième partie, ce n'est pas prévu non plus… (mais cela reste entre nous, il va de soi, il ne faudrait pas que cela vienne aux oreilles de mon Éditeur, n'est ce pas ?!...).
Ce sera l’omerta, promis. Rendez-vous dans… deux ans ? Peut-être moins : figurez-vous qu'avec mes derniers droits d'auteurs (fort substantiels vous vous en doutez...) j'ai acheté un couple d'elfes de maison qui se chargent d'une partie du boulot.
Pas bête… Regrettez-vous le rythme que vous offrait par exemple l'écriture radiophonique, ce côté feuilletonesque, ou le rythme de la bande dessinée vous paraît-il satisfaisant ? Il est évident que le feuilleton radiophonique avait tous les avantages : j'écrivais absolument ce qui me passait par la tête sans me soucier de ce qui allait advenir au cours des épisodes suivants... Ce travail se faisait les trois-quarts du temps dans un bistro (près de la Maison de la Radio, chez Les Ondes, allez-y de ma part !). Le metteur en scène, des acteurs et des bruiteurs se tapaient tout le boulot, et la question de savoir comment dessiner une tour Eiffel qui s'écroule sur une manif de Croix de Feu (pour prendre un exemple simple) ne se posait pas. En plus je travaillais avec une blonde... et c'était super-bien payé !... Bon, si on parlait d'autre chose ?...
Vous l’aurez cherché : question idiote, vous avez peur des araignées ?! Réponse idiote : oui. Jérôme Doutendieu (Le Petit Provençal)

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